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Musique classique et opéra par Classissima

Plácido Domingo

mercredi 27 juillet 2016


Carnets sur sol

19 juillet

[Carnet d'écoutes n°98] – Czerny, Jaëll, les Nozze, la Forza, le Ring, expos

Carnets sur sol Le divin Mozart ¶ Le Nozze di Figaro par Nézet-Séguin et l'Orchestre de Chambre d'Europe. Le Don Giovanni était très bon, le Così fan tutte absolument parfait (dans la veine allègre plus que philosophisante). Ces Noces sont aussi une grande réussite, où prévaut l'accompagnement hors du commun du COE : on pourrait se contenter d'écouter l'orchestre, qui chante en permanence, où tous les plans sont audibles et en palpitation constante, avec une variété de couleurs hors du commun. Le résultat global est remarquable, mais fait moins autorité, surtout considérant l'aléa vocal : tous les chanteurs sont bons (à commencer par le Figaro de Pisaroni, à l'italien exact et savoureux), mais si Hampson n'a pas dû être très précisément bridé sur l'accent (moins bon qu'à l'accoutumée) et Yoncheva, très crédible (et différenciée) dans cet entre-deux-âges décrit par le texte (incroyable comme elle a véritablement une voix d'après-grossesse, à la fois jeune et mature), me gêne assez du côté de la diction relâchée et des voyelles pas du tout idiomatique. Une très bonne référence qui se place parmi les meilleures (la palme restant au DVD Pappano / McVicar). Le génial Czerny Je découvre l'enregistrement de deux quatuors supplémentaires de Czerny (Sheridan Ensemble, chez Capriccio), en la mineur et ré majeur s'ajoutant aux ré mineur et mi mineur (qu'ils ont aussi enregistrés) déjà gravés par le St Lawrence String Quartet. L'ensemble du corpus est d'un niveau exceptionnel : beaucoup de traits communs, y compris dans les procédés et la qualité du résultat, avec les derniers Schubert. J'y reviens très souvent, avec toujours plus d'émerveillement – qu'est-ce que ce serait, si l'on disposait de la même générosité discographique ! – mais le nom de Czerny, toujours associé à ses œuvres pédagogiques, semble durablement terni auprès du grand public. En plus de l'aspect général assez schubertien, il y a aussi une gestion ambitieuse de la forme qui ne repose pas sur la mélodie et la répétition de schémas stables : beaucoup de parentés avec le corpus de Beethoven aussi – et honnêtement, pas un Beethoven fade ou raté. De véritables zones d'ombres injustifiables dans le répertoire de quatuor. (Ceux de Bruch sont très bien aussi, mais on y sent un niveau légèrement inférieur à ces modèles, ce qui n'est pas du tout le cas de Czerny à mon sens.) Pareil pour sa Première Symphonie, au demeurant : quelque part entre l'énergie des motifs de Beethoven et la poésie des timbres de Mendelssohn, vraiment une œuvre importante (et à titre personnel, peut-être la symphonie qui m'est la plus chère). Étrangement, les autres symphonies publiées au disque (2 deux fois, 4, 6) ne sont pas très passionnantes. En plus, l'interprétation de Nikos Athinäos et tout à fait ébourissante, sur le splendide orchestre de Frankfurt (Oder) qui semble pour cette fois jouer sur des bois et cuivres d'époque. La Force du Destin Découverte de quelques nouvelles versions, très marquantes, de La Forza del Destino de Verdi, tellement mieux servie sur le vif. J'ai déjà dû mentionner, en carnets d'écoutes, mes deux versions de chevet : ♣ Solti à Covent Garden (1962), paru chez Myto (et pas réédité, apparemment – mais c'est désormais du domaine public) : Floriana Cavalli y chante assez faux, mais déclame comme personne. Bergonzi, dans ces années, dispose, en plus de la grâce du timbre, de toute l'ardeur requise (perdue dans le studio de Gardelli, où il paraît assez bonhomme pour un mulâtre maudit, fils d'empereur provoquant en duel les Grands d'Espagne…). Veasey, (John) Shaw, Capecchi, Ghiaurov, et même (Forbes) Robinson (Marquis de Calatrava extrêmement prégnant, dans un très bel italien d'ailleurs) tous marquants, et surtout cette énergie d'équipe. Solti y est direct, sobre, toujours animé, à l'opposé des studios rutilants et assez figés de la même période. Vraiment idéal en tout point. [écoutable ici ] ♣ Schmidt-Isserstedt à Hambourg (1952) en allemand (chez Walhall), avec Clara Martinis (timbre cousin de Mödl, avec plus de souplesse), Mödl, Metternich, la fine fleur du chant allemand de ces années est là, et l'ensemble brûle les planches, le relief de la prosodie allemande en sus. Rudolf Schock est comme toujours assez peu enthousiasmant, mais dans ce contexte, il semble aussi gagné par la fièvre générale. [écoutable ici ] J'aime bien sûr beaucoup le studio Molinari-Pradelli (Tebaldi, Simionato, Del Monaco, Bastianini, Siepi), Mitropoulos à Naples en 53 (Tebaldi, Corelli, Bastianini, Christoff), Votto en 57 avec Gencer et Di Stefano, ou bien les différents Muti (le studio avec Freni, Domingo, Zancanaro, avant tout pour l'élan orchestral ; bien sûr la plus récente bande avec Cura et Nucci, électrisante), mais l'électricité n'y atteint pas ces sommets. Dans la discographie totalement pléthorique (l'intrigue est complètement invraisemblable et très bizarrement éclatée, mais quelle collection de morceaux de bravoure pour mettre en valeur les plus belles voix, et par conséquent très enregistré, avec une plus-value plus forte de l'accumulation que pour bien des œuvres plus abouties !), je viens de découvrir deux petits bijoux moins courus. ♣ Nino Sanzogno à l'Opéra de Rome en 1957 (Myto) : une version pas particulièrement dramatique – l'orchestre, comme on pouvait s'y attendre avec ce chef, peut paraître vaguement indifférent –, très belle vocalement. Anita Cerquetti à son sommet, qui n'articule pas forcément très précisément le texte, mais le coule dans une morbidezza (un moelleux) superbe, voisine avec Boris Christoff dont l'articulation vocale semble étonnamment italienne, et Aldo Protti qui n'a jamais été aussi séduisant (pas exactement sa qualité première d'ordinaire). Même si Pier Miranda Ferraro ne paraît pas très concerné par les tourments du pauvre Alvaro, la voix est belle, et le duo d'adieu avec Protti est une petite merveille de fusion. Ici encore, Renato Capecchi irrésistible et un Calatrava charismatique (Antonio Massaria). Pas une version ultime, mais pour ce qui est de la réjouissance glottique, on fait difficilement mieux. [écoutable ici ] ♣ Le grand choc a été la découverte de la version d'Ottavio Ziino à Florence en 1961 (chez Living Stage). Beaucoup plus engagé orchestralement (sans être joli), et une distribution survoltée (à telle enseigne que Cossotto se vautre méchamment dans son texte… sauvée par le suggeritore ), jusqu'au jeune Cappuccilli (c'est lui qu'on vend sur la pochette), beaucoup moins impavide que dans la plupart des soirées de sa carrière – par ailleurs, on croit entendre un vernis timbral plus agréable que l'armature un peu grise qui est d'habitude sa marque (inaltérable, mais pas forcément beau). À cela, on peut ajouter que le rôle flatte son tempérament hiératique. Le reste du plateau est constitué de chanteurs peu célèbres ou modérément cotés, et pourtant tous superlatifs ce soir-là : Silvio Maionica, encore un grand Calatrava, moelleux, simple et éloquent ; Guido Mazzini, Melitone complètement ténorisant, mais remarquablement utilisé dans une composition réellement malveillante, rare et très convaincante ; Ivo Vinco, réputé court de voix et d'esprit, qui impose ici une majesté que je ne lui connaissais pas ; Flaviano Labò, avec son émission de type dramatique, inhabituelle, et toujours très engagé ; enfin, le sommet de tous les sommets, Marcella De Osma, dont la postérité n'a à peu près rien retenu, alors que son grain et sa déclamation sont hors du commun – il faut se figurer Tebaldi, son mordant et sa diction, mais qui aurait du molleux, un aigu facile et un véritable engagement dramatique ! Et l'ensemble s'enchaîne avec naturel, sans paraître une suite de numéros de bravoure clos, avec de véritables dialogues entre les personnages. Très grande version. [écoutable ici ] Toutes ces bandes (sauf Muti, bien sûr) sont désormais libres de droit , donc librement téléchargeables sur les sites pirates sans enfreindre la législation (sauf si vous utilisez une technologie P2P, bannie par la loi française quel qu'en soit le contenu). L'horrible Richard Wagner ¶ Tristan, acte III, Maazel à l'Opéra de Munich (Behrens, Murray, West, Titus, Salminen, Volker Vogel, Haefliger, Rensburg). Le Prélude le plus impressionnant qu'on puisse entendre : ce début gras, rauque, pesant du désespoir, qui s'étiole progressivement vers l'impalpable de la mort, très marquant. Vocalement, c'est une fête, la facilité de Behrens, la rondeur de West, assez peu fêté des wagnériens alors qu'il prolonge la bénédiction de Jerusalem, Titus et Salminen dans leurs grandes années, et les petits rôles les mieux tenus de tout le patrimoine. La tension baisse un peu à la fin de l'acte (en tout cas par rapport aux deux premiers beaucoup plus continûment intenses), mais il est rare d'entendre un Tristan à la fois si bien chanté et si constamment tenu et tendu. J'avais récupéré la bande en ligne (avec la mise en scène inoffensive de Hans Schavernoch), ça se trouve peut-être encore sur YouTube et ça mérite le coup d'oreille. ¶ Das Rheingold dans mes versions de chevet : Keilberth 52 (avec Witte et Uhde), Kempe Bayreuth (avec Stolze et Uhde !), Karajan studio (avec Stolze et Fischer-Dieskau), Solti Bayreuth (avec Jung et Nimsgern), Gergiev studio (avec Rügamer et Pape), Weigle Frankfurt (avec Streit et Stensvold). Chacun avec des vertus dissemblables, mais tous verbe très haut. Redécouvert aussi Böhm 66 (avec Windgassen et Adam), dont la crâne franchise, malgré les timbres orchestraux disgracieux, a quelque chose d'assez électrisant. ¶ Die Walküre, acte III, Mark Elder et le Hallé Orchestra, chez le label de l'orchestre. Prise de son ample et détaillée, assez extraordinaire, ce qui nous vaut un Crépuscule parmi les plus palpitants du disque, pas forcément à cause de la posture du chef ou de la qualité des chanteurs (quoique tous très bons) que parce que les équilibres sonores sont idéaux pour profiter de tous les petits événements qui parcourent une partition wagnérienne. Dans la Walkyrie, c'est moins capital et moins convaincant : on y entend beaucoup, tout de même, les limites individuelles des chanteurs ; Yvonne Howard, très bien par ailleurs malgré un allemand un peu blanc et lisse, pousse pas très joliment dans son action de grâce ; Susan Bullock, un excellent choix pour les deux dernières journées, paraît un peu large et rugueuse pour cette « jeune » Brünnhilde-là ; Egils Siliņš n'est, conformément à sa réputation, pas très frémissant… Les deux premiers actes, écoutés il y a quelques (dizaines de) mois, sont meilleurs que celui-ci, très beau plastiquement mais guère tendu, et pas toujours raffiné non plus. Dans la collection, en revanche, ne manquez pas la Troisième de Sibelius (et le Crépuscule, donc). ¶ Siegfried, actes I et II, tiré du cycle de Sebastian Weigle avec l'Orchestre de l'Opéra et du Musée de Francfort, publié chez Oehms. L'un des derniers Ring parus au disque, et l'un des plus aboutis aussi. Orchestralement, il confirme que le Musée de Francfort est possiblement le meilleur orchestre d'Allemagne : impossible de trouver plus virtuose et discipliné, épousant les choix subtils de Weigle avec un supplément de chatoyance très bienvenu. Rheingold est (à ses demoiselles du Rhin près) une référence absolue, et on mesure facilement ce que Siegfried peut gagner d'une lecture orchestale souple, expressive, raffinée et généreuse. Hélas, vocalement, l'exaltation est (beaucoup) plus mesurée (alors qu'avec des chanteurs à peine meilleurs, on aurait pu parler de référence à peu près absolue pour ce cycle) : Peter Marsh (Mime) et plus encore Lance Ryan (Siegfried), dans la mauvaise pente de leurs carrières, sont particulièrement disgracieux (et c'est un admirateur de Manfred Jung qui parle), Jochen Schmeckenbecher (Alberich) plus terne que dans l'Or du Rhin. Sterje Stensvold, toujours élégant (qualité rarissime dans ce répertoire) est dans une position qui flatte un peu moins ses qualités (la puissance étant limitée), mais demeure une valeur très sûre, sa belle patine rendant bien compte du temps qui a passé. (Et dans le III, que je n'ai pas réécouté, Susan Bullock est tout à fait à son affaire.) Mais un Siegfried où Siegfried et Mime piaillent sans trêve finit par agacer l'auditeur de bonne volonté, alors même que ce qui se passe à l'orchestre est passionnant. ¶ Siegfried en entier, par Karajan à Bayreuth à la réouverture de 1951 (certaines bandes ont été réputées perdues puis retrouvées, je n'ai pas tout suivi, mais il nous reste au moins un Or remarquable avec Karajan-S.Björling et le Crépuscule, limité par sa prise de son étroite, avec Knappertsbusch-Varnay-Aldenhoff-L.Weber). Très impressionnant : l'orchestre claque, fuse, file et frémit comme dans le Tristan de 1952, mais avec une précision qu'on ne croyait pas possible à cette date à Bayreuth ; vocalement, certes, le réveil de Varnay est un peu violent, mais Aldenhoff, le prince des princes, croisant le verbe haut de Paul Kuen (Mime) et la haute stature de Sigurd Björling (Wanderer), c'est un peu le rêve absolu. Il reste que le niveau de détail orchestral est nécessairement limité par la prise de son, mais Walhall a comme d'habitude fait un très bon travail qui rend l'écoute de la bande parfaitement confortable. ¶ Une erreur de jugement, réécouter Der Götterdämmerung par Knappertsbusch (en 1951). La distribution est tellement irrésistible : Varnay, certains, mais ensuite Mödl, Höngen, Aldenhoff, Uhde, soit individuellement les meilleurs titulaires de chacun de ces rôles, et puis Ludwig Weber en Hagen, et Schwarzkopf & Töpper en Filles du Rhin ! Mais alors, joué aussi globalement, sans réelle articulation, en gros blocs indolents (et approximatifs), on s'ennuie assez vite, indépendamment même des propriétés de l'ouvrage. Monographie Marie Jaëll (Bru Zane) Je n'avais jusqu'ici eu accès qu'au piano, de très bonne facture, mais pas forcément profondément marquant. Impression démentie par les cycles Ce qu'on entend dans l'Enfer / le Purgatoire / le Paradis (en extraits seulement dans le coffret) et surtout Les jours pluvieux, où souffle déjà le vent des nouveautés, les recherches harmoniques et climatiques de Dupont, Hahn et des autres auteurs de grands cy cles français. Les deux Concertos pour piano sont très réussis, dans un style tout à fait post-chopinien qui ne se limite pas à l'épigonisme, mais prolonge en quelque sorte le plaisir dans une période qu'on sent plus tardive. Enfin, La Légende des Ours, assez longue cantate (cycle de mélodies orchestrales ?) de 25 minutes pour soprano et orchestre, est sans doute ce qui présente le plus un style propre, d'un romantisme très habité, dramatique mais coulant avec naturel, mi-poème symphonique, mi-mélodie. Un plaisir d'entendre Chantal Santon-Jeffery en forme (ce qui n'est plus guère le cas dans le répertoire baroque français où elle officie beaucoup) et Hervé Niquet cingler le Brussels Philharmonic, tous à leur meilleur. Pas une découverte capitale, de même que les dernières parutions de Bru Zane, mais de très belles découvertes pour qui s'intéresse aux recoins inexplorés de la période, ce qui semble de plus en plus être l'orientaton scientifique du Palazzetto : montrer l'état de la création au XIXe siècle, plutôt que d'y chercher les chefs-d'œuvre les plus personnels et insolites. … et deux expos, au Louvre. ► Celle sur le Musée des Monuments Français d'Alexandre Lenoir est très réussie. Elle tire avantage de la nette partition des deux espaces d'exposition : la première partie reconstitue la motivation historique (sauvetage à la Révolution des œuvres sur le point d'être saccagées) et la disposition topographique du musée disparu (les salles étaient organisées comme des initiations didactiques par siècle) ; la seconde explore les influences et l'idéologie stylistique de la démarche, culminant avec la reconstitution des monuments composites qu'il avait érigés. L'intérêt, plus encore que les œuvres exposées, réside dans la mise en valeur du dispositif et de la pensée de son créateur : sauver le patrimoine (parisien, puis au delà) de la destruction, sous la Révolution. Avec un tout à la fois souci de l'édification du public très réussi (chronologie), une mise en valeur marquante (ces amas d'œuvres théâtralisées devaient avoir un impact dramatique assez spectaculaire) et un sens de l'authenticité qui n'est pas le nôtre (Lenoir recréant des objets fonctionnels complets à partir d'éléments disparates, au besoin dédiés à des personnages historiques auxquels il n'étaient nullement destinés, comme Jeanne d'Arc…). On peut aussi suivre l'histoire de ce musée éphémère : situé aux Petits Augustins, constitué des saisies mais aussi des achats par Lenoir (revendant les pièces moins intéressantes aux marbriers pour pouvoir acquérir d'autres œuvres), il est progressivement dépouillé de ses collections sous le Consulat (les Antiques vont au Louvre et ne restent que les moulages, Joséphine s'approprie des statues, le Concordat de 1802 rend les figures sacrées). Mais le plus intéressant du projet est peut-être de souligner la puissance et la rémanence de ces quelques salles sur l'imaginaire du XIXe siècle : lorsque Charles-Marie Bouton peint la folie de Charles VI en 1817, il représente la scène dans la salle XIVe du musée. ► La première exposition à la Petite Galerie – en réalité quelques pièces à la base de l'aile Richelieu aménagées en espace d'exposition, je suppose que ce nom est issu du jeu de mots d'un conservateur entre la Grande Galerie qui reliait le Louvre aux Tuileries et l'âge du public visé –, « Mythes fondateurs ». Le principe est de sensibiliser les plus jeunes, mais je vois beaucoup de biais gênants. ╩ Le contenu se limite à peu près à la mythologie grecque et à la science-fiction – c'est un peu court pour évoquer la spécificité d'un mythe, d'autant que les comics ou le space opera ne sont appelés mythes que par extension. ╩ Les objets sont mélangés sans distinction d'époques et de cultures d'origine – je me figure les orgasmes violents du directeur de la communication patrimoniale, avec la supra-transversalité des cultures, mêlant une tablette cunéiforme, une hache rituelle d'art premier, une statuette égyptienne et une monnaie grecque dans la même vitrine. Néanmoins, il est justement intéressant pour le jeune public, à mon sens, de montrer que tout le monde n'utilise pas les mêmes moyens, selon les lieux et les époques, pour représenter la même idée. ╩ Pourquoi pas un parcours thématique, au demeurant, mais les cartels sont tellement pauvres qu'ils n'offrent pas beaucoup de munitions aux accompagnateurs de bonne volonté pour satisfaire la curiosité du jeune public. Un résumé de la personnalité décrite par l'objet, mais rien sur l'origine, la matière, le point de vue… comme si tout était pareil et interchangeable. J'ai trouvé ce bric-à-brac plutôt désagréable, en réalité. Heureusement, il y avait la véritable pièce de collection, le heaume de Lord Vader, prêté par le musée de George Lucas – et un peu le principal argument de vente. C'est émouvant, d'une certaine façon, parce que j'étais persuadé qu'il dormait quelque part dans un coffre(-fort) ; sinon, c'est gros, ça a l'air lourd, et ça ressemble énormément à ce qu'on voit dans le film. Évidemment, aucun parallèle n'est tracé entre ces différents mythes, aucune distinction non plus. Une installation contemporaine dans une pièce à part, figurant le rayonnement du soleil, et… ? L'art incarné Pour finir, une installation urbaine rencontrée hier : maître inconséquent mais passant pourvu du sens de l'humour.

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25 juillet

Elsa Dreisig et Keonwoo Kim, premiers Prix du concours Operalia

La finale du concours Operalia, crée en 1993 par Plácido Domingo afin de découvrir et d’encourager les meilleurs jeunes chanteurs […]




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14 juillet

Iris de Mascagni à Montpellier

MONTPELLIER. Mardi 26 juillet 2016, 20h. Mascagni : Iris. Sonya Yoncheva est Iris. En direct de Montpellier. Elle vient de triompher dans La Traviata à l’Opéra Bastille, puis sort victorieuse de la même façon dans l’enregistrement attendu des Noces de Figaro en provenance de Baden Baden été 2015 (parution de juillet 2016 chez Deutsche Grammophon). En 1898, soit huit ans après son premier chef d’œuvre, Cavaleria Rusticana (créé en mai 1890), Mascagni frappe un nouveau grand coup : comme Clétie (changée en tournesol, selon les Métamorphoses du magicien conteur Ovide), Iris, elle aussi ne révère que le soleil. L’auteur du chef d’oeuvre Cavalleria Rusticana, vrai manifeste du vérisme musical, saisissant par ses effluves lyriques comme ses atmosphères vaporeuses iridescentes à l’orchestre, se passionne pour l’épopée de la fille fleur, Iris, innocente victime de la barbarie des hommes. Comme ses confrères tentés par l’orientalisme, proche en cela des fantasmagories japonisantes de Madame Chrysanthème (André Messager), inspirée de Loti, et bientôt de la tragique Madame Butterfly (Puccini), Mascagni s’entiche lui aussi de la grâce extrême-orientale, matière à de riches évocations symphoniques dont la poésie instrumentale et mélodique renouvelle la réussite de Cavaleria. A l’heure de l’Art nouveau, Iris évoque immanquablement une rêverie voluptueuse porteuse d’un érotisme musical qui devrait se révéler idéal au timbre charnel et élégantissime de la diva du moment, la bulgare Sonya Yoncheva. En créature du désir et de l’amour souverain, la soprano qui entretient une relation amoureuse avec la France et Paris : cf son premier cd événement édité par Sony « Paris mon amour », CLIC de CLASSIQUENEWS) devrait éblouir par son timbre velouté, naturel, d’une sensualité adolescente, d’une sincérité irrésistible (celle-là même qui fait le miracle de sa Comtesse mozartienne). Iris est la proie de tous les désirs masculins, dévoilée telle Phryné, aux fantasmes masculins par le tenancier d’une maison de geishas au service du séducteur qui la courtise, maudite par son père, elle ne doit son salut qu’à l’astre des jours qui l’accueille en son ciel. Mais humiliée, sacrifiée sur la terres des hommes indignes, Iris est sauvée par son adoration au soleil, et l’hymne qui en découle, l’Hymne au soleil, célèbre à juste titre, affirme l’ivresse raffinée du Mascagni orchestrateur, mélodie aguerri, toujours admiré pour son tempérament dramatique et poétique. C’est dire l’événement que constitue la recréation d’Iris de Mascagni au Festival Radio France et Montpellier ce 26 juillet 2016. PIETRO MASCAGNI 1863-1945 Iris Opéra en 3 actes (1898) Livret de Luigi Illica Version de concert Sonya Yoncheva, soprano, Iris
Andrea Carè, ténor, Osaka Gabriele Viviani, baryton, Kyoto Nikolay Didenko, basse, Il Cieco Paola Gardina, mezzo-soprano, Una Guècha Marin Yonchev, ténor, Il Cenciaiulo Karlis Rutentals, ténor (soliste du chœur de la Radio Lettone), Un Merciaiuolo Laurent Sérou, baryton (soliste du chœur de l’Opéra de Montpellier) : Un Cenciaiuolo Chœur Opéra national Montpellier Languedoc-Roussillon Chef de chœur Noëlle Gény Chœur de la Radio Lettone Chef de chœur Sigvards Klava Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon Chef de chant Anne Pagès-Boisset Domingo Hindoyan, direction Synopsis 
Au Japon, XIXe siècle. Acte 1 : Encore pure et préservée, la jeune Iris qui s’occupe de son père aveugle est désirée par le jeune et riche Osaka. L’un de ses rêves est prémonitoire : sa poupée est violentée par des monstres… A la faveur d’une représentation de marionnettes sur le thème de l’amour et de la mort, Iris est enlevée par Osaka et son complice, Kyoto, proxénète, propriétaire d’une maison de geishas. Acte 2. Iris se réveille captive dans la maison des plaisirs qui la comble de confort. Kyoto l’expose au désir des passants de plus en plus insistants ; survient son père qui croyant que sa fille a vendu son corps, la punit en la couvrant de boue. Acte 3. A demi consciente, Iris reçoit alors la visite de trois allégories Veulerie, Luxure et Egoïsme et remet son sort au soleil en un hymne devenu culte. VOIR la présentation d’Iris de Mascagni sur le site du Festival de Radio France et Montpellier 2016

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6 juillet

Recréation d’Iris de Mascagni à Montpellier

France Musique. Mardi 26 juillet 2016, 20h. Mascagni : Iris. Sonya Yoncheva est Iris. En direct de Montpellier. Elle vient de triompher dans La Traviata à l’Opéra Bastille, puis sort victorieuse de la même façon dans l’enregistrement attendu des Noces de Figaro en provenance de Baden Baden été 2015 (parution de juillet 2016 chez Deutsche Grammophon). En 1898, soit huit ans après son premier chef d’œuvre, Cavaleria Rusticana (créé en mai 1890), Mascagni frappe un nouveau grand coup : comme Clétie (changée en tournesol, selon les Métamorphoses du magicien conteur Ovide), Iris, elle aussi ne révère que le soleil. L’auteur du chef d’oeuvre Cavalleria Rusticana, vrai manifeste du vérisme musical, saisissant par ses effluves lyriques comme ses atmosphères vaporeuses iridescentes à l’orchestre, se passionne pour l’épopée de la fille fleur, Iris, innocente victime de la barbarie des hommes. Comme ses confrères tentés par l’orientalisme, proche en cela des fantasmagories japonisantes de Madame Chrysanthème (André Messager), inspirée de Loti, et bientôt de la tragique Madame Butterfly (Puccini), Mascagni s’entiche lui aussi de la grâce extrême-orientale, matière à de riches évocations symphoniques dont la poésie instrumentale et mélodique renouvelle la réussite de Cavaleria. A l’heure de l’Art nouveau, Iris évoque immanquablement une rêverie voluptueuse porteuse d’un érotisme musical qui devrait se révéler idéal au timbre charnel et élégantissime de la diva du moment, la bulgare Sonya Yoncheva. En créature du désir et de l’amour souverain, la soprano qui entretient une relation amoureuse avec la France et Paris : cf son premier cd événement édité par Sony « Paris mon amour », CLIC de CLASSIQUENEWS) devrait éblouir par son timbre velouté, naturel, d’une sensualité adolescente, d’une sincérité irrésistible (celle-là même qui fait le miracle de sa Comtesse mozartienne). Iris est la proie de tous les désirs masculins, dévoilée telle Phryné, aux fantasmes masculins par le tenancier d’une maison de geishas au service du séducteur qui la courtise, maudite par son père, elle ne doit son salut qu’à l’astre des jours qui l’accueille en son ciel. Mais humiliée, sacrifiée sur la terres des hommes indignes, Iris est sauvée par son adoration au soleil, et l’hymne qui en découle, l’Hymne au soleil, célèbre à juste titre, affirme l’ivresse raffinée du Mascagni orchestrateur, mélodie aguerri, toujours admiré pour son tempérament dramatique et poétique. C’est dire l’événement que constitue la recréation d’Iris de Mascagni au Festival Radio France et Montpellier ce 26 juillet 2016. PIETRO MASCAGNI 1863-1945 Iris Opéra en 3 actes (1898) Livret de Luigi Illica Version de concert Sonya Yoncheva, soprano, Iris
Andrea Carè, ténor, Osaka Gabriele Viviani, baryton, Kyoto Nikolay Didenko, basse, Il Cieco Paola Gardina, mezzo-soprano, Una Guècha Marin Yonchev, ténor, Il Cenciaiulo Karlis Rutentals, ténor (soliste du chœur de la Radio Lettone), Un Merciaiuolo Laurent Sérou, baryton (soliste du chœur de l’Opéra de Montpellier) : Un Cenciaiuolo Chœur Opéra national Montpellier Languedoc-Roussillon Chef de chœur Noëlle Gény Chœur de la Radio Lettone Chef de chœur Sigvards Klava Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon Chef de chant Anne Pagès-Boisset Domingo Hindoyan, direction Synopsis 
Au Japon, XIXe siècle. Acte 1 : Encore pure et préservée, la jeune Iris qui s’occupe de son père aveugle est désirée par le jeune et riche Osaka. L’un de ses rêves est prémonitoire : sa poupée est violentée par des monstres… A la faveur d’une représentation de marionnettes sur le thème de l’amour et de la mort, Iris est enlevée par Osaka et son complice, Kyoto, proxénète, propriétaire d’une maison de geishas. Acte 2. Iris se réveille captive dans la maison des plaisirs qui la comble de confort. Kyoto l’expose au désir des passants de plus en plus insistants ; survient son père qui croyant que sa fille a vendu son corps, la punit en la couvrant de boue. Acte 3. A demi consciente, Iris reçoit alors la visite de trois allégories Veulerie, Luxure et Egoïsme et remet son sort au soleil en un hymne devenu culte. VOIR la présentation d’Iris de Mascagni sur le site du Festival de Radio France et Montpellier 2016



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3 juillet

Opéra national de Paris, saison 2016 – 2017. Temps forts

OPERA NATIONAL DE PARIS, nouvelle saison lyrique 2016 – 2017. Souhaitons tout d’abord une nouvelle saison à l’Opéra de Paris, moins chahutée que la saison dernière où les mouvements de grève ont produit un déficit historique contre lequel le directeur Stéphane Lissner s’est exprimé en tirant la sonnette d’alarme. La nouvelle saison lyrique à Paris laisse rêveur et suscite de facto l’impatience d’être déjà à septembre prochain pour découvrir les promesses annoncées. Au total en 2016-2017, la nouvelle saison lyrique 2016-2017 totalise 11 nouvelles productions et 8 reprises (ou productions déjà vues, mais dans de nouvelles distributions, ce qui les rend tout autant désirables). 7 spectacles à voir d’ici fin 2016 Nous ne présentons ici que les spectacles qui sont nos coups de coeur ou des productions incontournables (et l’on vous dit pour quelle raisons…). Grâce au musicologue Jean-François Lattarico (collaborateur sur classiquenews), les opéras de Cavalli connaissent un sursaut de réhabilitation. Justifié car le plus digne héritier de Monteverdi aura ébloui l’Europe entière au XVIIè, par son sens de la facétie, sensualité, cynisme et poésie, mêlés. Avec son Eliogabalo, recréation et nouvelle production, voici assurément l’événement en début de saison, du 14 septembre au 15 octobre 2016, soit 13 représentations incontournables au Palais Garnier. Avec le Nerone de son maître Monteverdi dans Le couronnement de Poppée, Eliogabalo illustre cette figure méprisable et si humaine de l’âme humaine faible, « effeminata », celle d’un politique pervers et corrompu qui ne maîtrise pas ses passions mais en est l’esclave clairvoyant et passif… Superbe production à n’en pas douter et belle affirmation du Baroque au Palais Garnier. Leonardo Garcia Alarcon, direction musicale. Thomas Jolly, mise en scène. Avec entre autres : Franco Fagioli dans le rôle-titre ; Valer Sabadus (Giuliano Gordie)… soit les contre ténors les plus fascinants de l’heure. Un must absolu. La Tosca de Pierre Audi, nouveau directeur du festival d’Aix (en 2018), est l’autre nouvelle production à suivre : du 17 septembre au 18 octobre 2016 à Bastille. Avec la Tosca de Anja Harteros ou Liudmyla Monastyrska (voir les dates précises de leur présence), Marcelo Alvarez (Mario), Bryn Terkel (Scarpia)… 10 représentations. Orchestralement flamboyant, vocalement irrésistible (- qui résiste à l’air Mon cœur s’ouvre à ta voix, immortalisé par Callas ?), l’opéra de Saint-Saëns, Samson et Dalila fera les beaux soirs de 11 dates, – du 1er octobre au 5 novembre 2016. Avec Anita Rachvelishvili et Aleksandrs Antonenko dans le couple-titre. Philippe Jordan, direction / Damiano Michieletto, mise en scène. Incandescente et rayonnante soprano sud africaine, Pretty Yende, lauréate, avant le Prix Operalia de Placido Domingo, du Concours Vincenzo Bellini (le must du bel canto international), chante Lucia di Lammermoor (attention uniquement les 14,17, 23 octobre puis 4, 8 et 16 novembre : vérifiez néanmoins les dates car un changement est toujours prévisible). Du 14 octobre au 16 novembre, Opéra Bastille. Riccardo Frizza, direction. Andrei Serban, mise en scène. On ne peut guère résister non plus, à l’Hoffmann de Jonas Kaufmann des Contes d’Hoffmann d’Offenbach dans la nouvelle mise en scène de Robert Carsen, lequel, c’est certain, fusionnera cynisme, poésie et raffinement visuel. Attention Jonas Kaufmann ne chante le rôle qu’à certaines dates (3,6,9,12,15,18 novembre 2016), entouré d’artistes français parmi les mieux chantant de l’heure (Sabine Devieilhe en Olympia; Stéphanie d’Oustrac, la muse ; Yann Beuron, François Liss… Philippe Jordan, direction. Du 31 octobre au 24 novembre 2016. Superbe opéra chambriste de Britten, inspiré par Henry James, Owen Windgrave (1971) est trop rare en France : l’intensité fantastique voire horrifique spécifiquement britannique y aborde le thème central viscéral pour Britten le pacifiste, de la résistance face à la guerre : le jeune héritier Owen s’opposant fermement à ses parents et à la tradition de sa famille, en refusant la carrière militaire qu’on veut lui imposer par continuité familiale… Il est seul face à tous. Nouvelle production signée Tom Creed, avec les jeunes chanteurs de l’Académie de l’Opéra de Paris. 5 représentations à l’Amphithéâtre Bastille, du 19 au 28 novembre 2016. Un diptyque lyrique accompagne les fêtes de fin d’année 2016, double représentation lyrique qui s’avère grâce à ses chanteuses protagonistes annoncées, irrésistibles. Qui peut aujourd’hui à Paris refuser l’invitation d’écouter la superbe mezzo Elina Garanca dans le rôle de Santuzza de Cavaliera rusticana de Mascagni, puis Anna Caterina Antonacci interprète de Santa Susanna de Paul Hindemith ? Deux caractères féminins de choc, deux œuvres denses et tragiques… 9 représentations, du 28 novembre au 23 décembre 2016. Carlo Rizzi, direction / Mario Martone, mise en scène. Temps forts 2017 Les deux premiers temps forts en 2017 sont, de toute évidence, le nouveau Lohengrin (mis en scène par Claus Guth, avec Jonas Kaufmann pour les dates de janvier, auquel succède en février Stuart Skelton). 11 dates, du 18 janvier au 18 février 2017. Philippe Jordan, direction (excellente, millimétrée, chambriste)… Et la nouvelle production de Cosi fan tutte de Mozart, scénographie, chorégraphie par la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaesker et ses danseurs, avec Michèle Losier (Dorabella), Frédéric Antoun / Cyrille Dubois en alternance dans le rôle de Ferrando… Philippe Jordan, direction. Du 23 janvier au 16 février 2017. A l’affiche entre autres du dernier festival de Radio France, Présences en janvier 2016, l’italien Luca Francesconi livre en création mondiale son opéra «Trompe la mort » , d’après Balzac… Nouvel ouvrage en deux parties, sous la direction de Susanna Mälkki. Avec Julie Fuchs (Esther), Thomas Johannes Mayer (Vautrin, Trompe la mort), Cyrille Dubois (Lucien de Rubempré), Philippe Talbot (Eugène de Rastignac), Jean-Philippe Lafont (Le baron de Nucingen), Béatrice Uria-Monzon (la comtesse de Sérizy). La prose et l’intelligence balzaciennes se prêtent-elles naturellement à l’opéra ?… Incontestablement l’événement lyrique de la saison nouvelle, au registre de l’opéra contemporain. L’Opéra de Paris aurait-il peur néanmoins de ne pas remplir s’agissant d’une nouvelle partition contemporaine ? L’opéra inédit ne totalise que 7 représentations, du 13 mars au 5 avril 2017. Pourtant l’écriture de Francesconi n’a rien d’abstrait ni d’inaudible, ainsi que notre équipe du studio CLASSIQUENEWS a pu s’en rendre compte lors du Festival Présences en janvier 2016 où Luca Francesconi présentait face à la caméra, son cycle pour soprano, chœur et orchestre d’après les poèmes de Mandela (VOIR le reportage Luca Francesconi au Festival Présence de Radio France en janvier 2016) La suite des événements lyriques à l’Opéra national de Paris en 2017, d’ici octobre 2016 INFOS, RESERVATIONS sur le site de l’Opéra national de Paris, saison 2016 – 2017

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27 juin

Diana Damrau chante La Traviata aux Chorégies d’Orange 2016

France 3. Verdi : La Traviata, mercredi 3 août 2016,21h30. En direct d’Orange, Diana Damrau se confronte au plein air et à l’immensité du Théâtre Antique pour exprimer l’intimité tragique d’un destin sacrifié : celui de la jeune courtisane parisienne Alphonsine Duplessis, devenue d’Alexandre Dumas fils à Verdi à l’opéra, Violetta Valéry. La diva germanique a déjà chanté à maintes reprises le rôles écrasant de La Traviata (la dévoyée) : à la Scala, et récemment dans la mise en scène finalement très classique et sans poésie de Benoît Jacquot, sur les planches de l’Opéra Bastille : un dvd en témoigne (ERATO, live de juin 2014 : lire notre critique du dvd La Traviata avec Diana Damrau ). TRAVIATA, UN MYTHE SACRIFICIEL… Verdi construit le drame par étape, chacune accablant davantage la prostituée qui entretient son jeune amant Alfredo. L’acte I est toute ivresse, à Paris, dans les salons dorés de la vie nocturne : c’est là que Violetta se laisse séduire par le jeune homme ; au II, le père surgit pour rétablir les bienséances : souhaitant marier sa jeune fille, le déshonneur accable sa famille : Violetta doit rompre avec Alfredo le fils insouciant. A Paris, les deux amants qui ont rompu se retrouvent et le jeune homme humilie publiquement celle qu’il ne voit que comme une courtisane (il lui jette à la figure l’argent qu’il vient de gagner au jeu) ; enfin au III, mourante, au moment du Carnaval, retrouve Alfredo mais trop tard : leur réconciliation finale scelle le salut et peut-être la rédemption de cette Madeleine romantique. En épinglant l’hypocrisie de la morale bourgeoise, Verdi règle ses comptes avec la lâcheté sociale, celle qu’il eut à combattre alors qu’il vivait en concubinage avec la cantatrice Giuseppina Strepponi : quand on les croisait dans la rue, personne ne voulait saluer la compagne scandaleuse. La conception de l’opéra suit la découverte à Paris de la pièce de Dumas en mai 1852. L’intrigue qui devrait se dérouler dans la France baroque de Mazarin, porte au devant de la scène une femme de petite vertu mais d’une grandeur héroïque bouleversante. Figure sacrificielle, Violetta est aussi une valeureuse qui accomplit son destin dans l’autodétermination : son sacrifice la rend admirable. Le compositeur réinvente la langue lyrique : sobre, économe, directe, et pourtant juste et intense. La grandeur de Violetta vient de sa quête d’absolu, l’impossibilité d’un amour éprouvé, interdit. Patti, Melba, Callas, Caballe, Ileana Cotrubas, Gheorghiu, Fleming, récemment Annick Massis ou Sonya Yoncheva ont chanté les visages progressifs de la femme accablée mais rayonnante par sa solitude digne. L’addio del passato au II, qui dresse la sacrifiée contre l’ordre moral, est le point culminant de ce portrait de femme à l’opéra. Un portrait inoubliable dans son parcours, aussi universel que demeure pour le genre : Médée, et avant elle Armide et Alceste, puis Norma. Femme forte mais femme tragique. Le timbre rond et agile de la coloratoure doit ici exprimer l’intensité des trois actes qui offre chacun un épisode contrasté et caractérisé, dans la vie de la courtisane dévoyée : l’ivresse insouciante du premier acte où la courtisane déjà malade s’enivre d’un pur amour qui frappe à sa porte (Alfredo); la douleur ultime du sacrifice qui lui est imposé au II (à travers la figure à la fois glaçante et paternelle de Germont père); enfin sous une mansarde du Paris romantique, sa mort misérable et solitaire au III. Soit 3 visages de femme qui passent aussi par une palette de sentiments et d’affects d’un diversité vertigineuse. C’est pour toutes les divas sopranos de l’heure, – et depuis la création de l’opéra à la Fenice de Venise en mars 1853, un défi autant dramatique que vocale, dévoilant les grandes chanteuses comme les grandes actrices. La distribution des Chorégies d’Orange 2016 associe à Diana Damrau dans le rôle-titre, Francesco Meli (Alfredo), Placido Domingo (Germont père). Daniele Rustioni, direction musicale. Louis Désiré, mise en scène. En direct sur France 3 et culturebox, mardi 3 août 2016 à 21h30. A l’affiche du Théâtre Antique, également le 6 août 2016 à 21h30.

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